Solitaire , 2016
Eau, bois, moteurs, souches d’arbres échouées, cables

Le visiteur qui pénètre dans l’ancienne sacristie du Collège des Bernardins doit d’abord s’accoutumer à l’obscurité avant de distinguer, un peu en contrebas de la plateforme de bois sur laquelle il se trouve, un plan d’eau inaccessible, au–dessus duquel deux grands troncs d’arbres, munis encore de quelques branches, nus et blancs, suspendus par des filins au sommet des hauts piliers, tournent lentement sur eux-mêmes, en sens contraires.
L’un est horizontal et présente une forte courbure. Il est hérissé à l’une de ses extrémités de saillies, d’appendices étranges qui se déploient en éventail, de protubérances semblables à des apophyses osseuses. Le deuxième tronc semble un peu plus en retrait.
Accroché la tête en bas, parallèle au pilier, il est de forme plus simple. L’un et l’autre, par une extrémité, e eurent la surface de l’eau qu’ils marquent d’un très léger sillage, dessinant un cercle qui s’e ace presque aussitôt. La faible lumière fait naître sur l’écran du mur un jeu complexe et constamment changeant entre les ombres puissantes et le reflet frémissant de l’élément liquide, qui semble dématérialiser la pierre.

Extrait de Un sillage sur l’eau noire... de Colette Garraud

Production Rubis Mécénat Cultural Fund, courtesy Galerie Aline Vidal, Galerie Laurence Bernard, 2016. Photo : Diane Auckland / Fotohaus Ltd. Moral Rights Asserted. All rights reserved.